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La Fuerza Aéria Argentina.
La force aérienne Argentine avant le déclenchement de la guerre des Malouines.


A la veille de la guerre des Malouines, le République Argentine possédait une armée de l'air parmi les plus nombreuses et les mieux équipées d'Amérique Latine.

 
L'aviation militaire argentine est l'héritière d'une "flottille aérienne militaire" constitué en 1912. Comme dans nombre d'autre pays cet embryon demeura initialement sous le contrôle de l'armée de Terre, situation qui dura jusqu'à ce qu'en 1945 le Servicio Aeronautico del ejercito ( section aéronautique de l'armée) devint la Fuerza Aéria Argentina, (FAA), arme complètement indépendante de l'armée de terre.
 
Au fil des années qui suivirent sa création, la Fuerza Aéria tira bénéfice du caractère militariste du régime de Péron pour progresser rapidement jusqu'à devenir la plus importante et la plus puissante force aérienne d'Amérique du Sud. L'influence de la lutwaffe fut prépondérante : l'ex-patron de la chasse allemande Adolf Galland, fit fonction de conseiller spécial de 1947 à 1954, tandis que Kurt Tank, l'ancien chef des bureaux d'études de Focke Wulf, avait pris en charge la production locale d'appareils militaires.
 
Après la chute de Péron, le rythme de développement de la FAA marqua le pas, et il fallut attendre la décennie 1970 pour que l'armée de l'Air se lance dans un programme majeur de rééquipement, alors que la tension montait entre l'Argentine et le Chili à propos de la souveraineté sur le canal de Beagle. Fin 1981, une évaluation sérieuse prête à la Fuerza Aéria Argentina un effectif de 19 500 hommes et un parc de 400 appareils de 33 types différents répartis sur 13 bases aériennes principales. La moitié de ses avions peut-être considéré comme des avions de combat, parmis lesquels les 4 types qui portèrent le poids des combats de l'Atlantique sud, les douglas A4P Skyhawk, les Mirage IIIEA de Dassault, les Dagger d'Israël Aircraft Industries, et les IA58 Pucara.
 
Le Skyhawk avait été conçu d'origine comme chasseur embarqué. Chacun des 60 A4P en service en Argentine avait, en fait, déjà servi sous les cocardes de l'US Navy. Le Skyhawk à turboréacteur J65W16A est un avion extrêmement compact, dont l'envergure ne dépasse pas 8m 40. Mais en dépit de ce manque de surface, il est loin d'être sous-armé, avec ses 2 canons de 20 mm et la possibilité d'emporter jusqu'à 10 000 livres (4 500 kg) de bombes et de roquettes. mais dans le cas particulier de la guerre des Malouines cette charge militaire impressionnante devait subir des coupes sombres pour permettre l'installation des réservoirs externes de carburants indispensables. Les 25 derniers A4P livrés à l'Argentine étaient équipés du système de visée D126R Iris de Ferranti qui améliorait sensiblement la précision de leurs tirs.
 
La menace la plus redoutable pour la Task Force était représenté - sur la papier au moins - par les Mirage de Dassault et leur demi-Frère les Dagger. Le premier vol du Mirage date de 1956. C'est un chasseur multirôles à aile delta dont la vitesse peut atteindre deux fois celle du son. Son armement de bord 2 canons DEFA de 30 mm, des missiles air-air surface, des paniers de roquettes et jusqu'à 900 Kg de bombes. La Fuerza Aéria disposait, selon les experts, de 16 Mirage IIIEA et de 2 biplaces IIIDA
 
La version israélienne du Mirage V, le Dagger, a elle aussi un remarquable pedigree. Tout comme l'Argentine, Israël avait acheté des Mirages en France, mais l'imbroglio des conflits du Proche-Orient amena le gouvernement français à décréter un embargo sur les armements à destination des pays de la zone. Cet embargo fut d'ailleurs immédiatement tourné par Israël qui réussit à se procurer les plans du Mirage V et de son réacteur, et lança une chaîne de fabrication locale. Le produit de cette opération vola en 1971, et l'on estime à 26 le nombre des avions de ce type livrés à l'Argentine. le concept du Mirage V reposait sur l'optimisation d'une cellule de Mirage III en vue de l'attaque au sol, et sa capacité d'emport de 3 150 kg de bombes en plus des réservoirs auxiliaires. La seule grande différence entre le Dagger et lui est que le premier a un équipement 100% israélien. 


Un équipement moderne.
 
Mais les Mirage comme les Dagger et les Skyhawk furent, pendant la guerre des Malouines, pénalisés par l'insuffisance de leur rayon d'action opérationnel. Ce point faible se trouvait aggravé par l'augmentation spectaculaire de la consommation de carburant des chasseurs dès qu'on les utilise à pleine puissance. De ce fait, la supériorité de vitesse des avions argentins sur les Harrier perdait beaucoup de sa signification. Ouvrir la manette des gaz en grand pour surclasser un intercepteur de la Task Force n'eut probablement laissé au chasseur argentin que peu de chance de regagner le continent.
 
Le IA58 Pucara est un avion anti-guérilla biplace de conception très simple, à turbopropulseur. Construit par la Fabrica Militar de Aviones, ce fut le principal avion de combat de la FAA à avoir été basé dans les Malouines pendant le conflit. Spécifiquement conçu pour l'appui aérien, le Pucara possède une puissance de frappe considérable. Il est armée de 2 canons de 4 mitrailleuses, et peut emporter jusqu'à 1500 kg de bombes et de roquettes. On en comptait une soixantaine en service au début des hostilités.
 
D'importance comparable à celle de la Fuerza Aéria Argentina, la Aviacion Naval, constituait elle aussi une menace pour la Task Force et ses bateaux. Fin 1981, cette aéronavale de 3 000 hommes mettait en oeuvre 130 appareils à partir de ses 3 base à terre et du porte-avions "25 de Mayo". Sans le moindre doute, le fer de lance de l'Aviacion Naval, était constitué par les cinq Super-Etendard de Dassault livrés à l'Argentine avant la décision française d'embargo sur les armes. Si l'étendard est un excellent avion de chasse, il est tout juste supersonique et son rayon d'action est limité. Sa grande supériorité dans ce conflit de l'Atlantique sud, ce fut de pouvoir lancer le missile anti-navire AM39 Exocet.


Le patriotisme de la FAA
 
Parmi les autres types d'avions de combat en sa possession, l'aéronavale argentine disposait d'une quinzaine de Skyhawk A4Q. Comme leur homologues de la FAA, ces avions aussi provenaient de surplus de l'US navy, mais avaient conservé leur aptitude à l'emploi, pour servir sur le "25 de Mayo".
 
En l'occurence, ce porte-avions ne participa pas aux opérations, en raison d'ennuis de machines a-t-on dit, et il est probable que ses avions furent utilisés à partir de bases à terre quand le taux de pertes de Skyhawk commença de monter. Similaire pour l'essentiel au A4P, le A4Q n'est pas équipé du collimateur Isis de Ferranti. 
 
La puissance aérienne argentine était donc moderne et capable comme elle allait le démontrer, d'inquiéter sérieusement l'armada britannique dans l'Atlantique Sud. Mais il faut bien admettre qu'un avion de combat ne vaut que ce que vaut son pilote. Quels était donc le niveau de ces pilotes argentins qui se battirent dans le ciel des Malouines?
 
L'armée de l'Air argentine avait, nous l'avons dit, reçut une aide considérable d'anciens de la Lutwaffe dans les années qui suivirent la fin de la seconde guerre mondiale. Ce point est d'importance car c'est l'époque où furent formés ces officiers supérieurs actuels, et parmi eux le commandant en chef de la Fuerza Aéria, Basilio Lami Dozo. D'autre part, la FAA était imprégnée d'un profond sentiment patriotique. Lorsqu'en avril 1982 le général argentin déclara que ses équipages préféraient la mort au déshonneur, les Britanniques n'y crurent guère, et dans la Task force, ce genre de propos fut rapidement oublié, une simple rodomontade... Toutefois ils allaient bien être obligés de réviser leur jugement à mesure que les Argentins, en dépit de leurs pertes poursuivaient leurs attaques aériennes.

Aides étrangères? 
 
Les pilotes argentins firent preuve dans ce conflit d'une indiscutable bravoure, toutefois dans la guerre moderne, cette vertu n'est pas toujours évidente. A l'issue d'un entraînement sérieux en France ou en Israël, les équipages n'avaient eu aucune occasion d'acquérir l'expérience du combat aérien, et l'instruction avait porté sur l'appui aux opération terrestres. En outre, aucun des avions disponibles n'avait - et de loin - l'autonomie de vol nécessaire pour mener un combat efficace dans le ciel des Malouines à partir des bases continentales... et pour y revenir. D'autres part, les pilotes argentins affrontaient l'une des forces aériennes les mieux entraînées du monde avec bien peu d'atouts en dehors de leur valeur personnelle. Qu'ils aient remporté les succès que l'on sait constitue aussi un fait d'armes remarquable.
 
On peur observer qu'en deux occasions la FAA et l'Aviacion Naval se trouvèrent à un cheveu de perdre le bénéfice de leur meilleurs armements offensifs, et cela pour de simples raisons techniques. Au début du conflit le programme d'instruction sur le système d'armes Étendard/Exocet n'était achevé nulle part. Dassault notamment avait détaché une équipe technique de 9 hommes en Argentine pour y superviser la mise en service du nouveau système en Novembre 1981. En avril 1982 l'équipe était toujours là. Il importe de bien préciser à ce sujet que la France cessa ses livraisons d'armes et son aide technique aux Forces armées argentines se conformant ainsi à la décision d'embargo sur les armements adoptée par la CEE. Madame Thatcher, d'ailleurs, en remercia très officiellement le gouvernement français. Notons aussi que les techniciens argentins, très compétents, se passèrent parfaitement de l'aide des conseillers français.
 
Il faut rappeler enfin qu'un officier de l'US Air Force mis à la disposition de la Fuerza Aéria pour aider la transformation des pilotes sur Skyhawk demeura à son poste à Buenos-Aires pendant toute la guerre. Il reçut, le 30 Avril, l'ordre de cesser toute activité aérienne, mais pas son rappel et continua d'exercer ses fonctions depuis son bureau. Le conflit fut pour les Argentins l'occasion de résoudre un certain nombre de problèmes concernant le siège éjectable du Skyhawk, et quelques autres concernant la maintenance des appareils. Les conseils de l'officier américain leur fut donc d'un certain secours. On ne doit cependant pas en exagérer la portée. Ces conseils tout compte fait portaient sur des points de détails. La Fuerza Aéria Argentina ne les attendit pas pour maintenir opérationnelle une composante importante de sa puissance de combat.
 
Si l'on considère la guerre des Malouines dans son ensemble, il ne fait aucun doute que l'armée de l'Air argentine y a apporté une contribution plus grande que les deux autres armes. Pilotés par des hommes d'un grand courage, les Skyhawk, les Mirage et les Étendard ont infligé des pertes sanglantes à la Task Force. 








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